ToulEmploi

Publié le lundi 14 décembre 2015 à 11h16min par Ingrid Lemelle

Édition spéciale : Prenez une dimension internationale !

Partir ? Oui, mais où, comment, et pour faire quoi ? Si l’aventure tente de plus en plus de jeunes, ces derniers paraissent bien désarmés lorsqu’il s’agit de passer à l’acte. Et pour cause. Malgré de nombreux dispositifs et services, le parcours est souvent semé d’embûches…

L’herbe est certes « toujours plus verte ailleurs ». Mais si les candidats à l’expatriation sont de plus en plus nombreux, c’est surtout parce qu’un séjour à l’étranger est devenu une vraie valeur ajoutée ! Une expérience enrichissante sur le plan personnel, mais aussi très appréciée des recruteurs. 64% d’entre eux estiment ainsi qu’elle est un facteur important d’employabilité (source Erasmus). Ils étaient 37% à le penser en 2006.

Objectif : revenir avec un « plus »

« L’envie de partir touche tous les publics désormais, quels que soient les niveaux de qualification », constate Monique Garrigues, chargée de l’Accompagnement, conseil à la mobilité internationale du Crij Toulouse Midi-Pyrénées. « Et ce n’est pas, comme on peut l’imaginer, pour fuir, mais pour revenir avec un « plus ». D’ailleurs, rares sont ceux souhaitent partir définitivement. » Pour se perfectionner dans une langue - principalement l’anglais -, pour étudier ou travailler, faire un stage ou une mission de bénévolat, ou simplement découvrir de nouveaux horizons… les motivations sont très variées. « Nous avons trois types de public : ceux qui savent très bien ce qu’ils veulent, mais qui ont besoin d’un complément d’information pour finaliser leur projet ; ceux qui se sont renseignés, mais ne savent pas trop comment s’y prendre ou quoi faire ; et enfin, ceux qui viennent nous voir avec seule idée, s’en aller rapidement ! Dans tous les cas, je commence par les questionner sur leur situation, ce qui me permet de mesurer le temps dont ils disposent, et de les aiguiller vers les bons interlocuteurs. » Des contacts dont le Crij vérifie systématiquement la fiabilité. « Nous ne dirigeons que vers des structures labellisées ou agréées. Cela ne veut pas dire que les autres ne sont pas sûres, mais tout voyage comporte des risques, et nous conseillons aux jeunes et à leur famille d’être vigilants. » Un bon moyen également de faire le tri parmi la multitude d’acteurs positionnés sur ce marché porteur… « C’est vrai qu’il existe beaucoup de dispositifs, concède Monique Garrigues, mais étonnamment, les jeunes n’en connaissent qu’un : Erasmus ! »

Trop d’infos tuent l’info

C’est en effet l’un des plus anciens. L’un des plus médiatisés aussi, grâce à des films comme « L’Auberge espagnole ». Et l’un des plus complets ! Depuis 2014, il a évolué, « Erasmus + » regroupant désormais plusieurs autres programmes (Comenius, Leonardo da Vinci, Grundtvig…) qui s’adressent aussi bien aux apprentis qu’aux adultes, aux personnes qui souhaitent étudier, qu’à celles qui désirent faire un stage ou travailler… Les mobilités, organisées par les établissements ou les organismes de formation, sont davantage « balisées », donc plus rassurantes. Elles sont, en outre, assorties d’aides, certes modestes mais appréciables : entre 150 et 300 euros pour la bourse de mobilité d’études, et entre 300 et 450 euros en cas de stage. « Mais il existe beaucoup d’autres opportunités toutes aussi intéressantes, comme le Service volontaire européen (SVE) par exemple », ajoute Monique Garrigues. « Il permet aux jeunes de 17 à 30 ans, de réaliser des missions d’intérêt général pendant un an maximum, au sein d’une structure à but non lucratif (associations, collectivités, etc.). Ils sont nourris, logés, reçoivent une formation linguistique et 100 euros par mois. En plus, ils combinent expérience et engagement, ce qui répond d’ailleurs à une attente croissante parmi les personnes qui viennent nous consulter. » Reste qu’au regard des nombreuses propositions, les candidats sont souvent perdus. Voire découragés. « Est-ce parce qu’il existe trop d’informations, ou pas assez ? Ce qui est certain, c’est que la plupart ignorent ce qui est possible. »

Six mois de préparation minimum

Une situation qui a conduit le gouvernement à lancer récemment « #labougitude ». Une opération marketing visant à accompagner l’ouverture du portail : decouvrirlemonde.jeunes.gouv.fr. Lancé début octobre, par le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, il ambitionne de faciliter les recherches et les démarches des jeunes. La plateforme propose ainsi une approche par critères : âge, région, situation, projet, destination souhaitée… et le moteur de recherche suggère diverses solutions personnalisées que l’internaute est ensuite invité à « creuser ». ToulEmploi s’est prêté au jeu. Résultat, un outil très simple d’utilisation, mais des résultats encore trop généralistes pour déclencher l’impulsion espérée…
Lors de notre enquête, nous avons également réalisé à quel point un projet, même bien défini, nécessitait de nombreuses démarches. « C’est là un aspect qui est souvent sous-estimé, mais six mois, c’est vraiment le temps minimum pour se préparer », prévient la spécialiste du Crij. D’un point de vue financier, le projet pourra même exiger d’être planifié bien plus en amont.
Selon l’enquête « Value of Education », réalisée par HSBC, le coût moyen annuel des études à l’étranger (frais universitaires et quotidiens compris) varie en effet de 5642 dollars en Inde à… 42.093 dollars en Australie ! « Les raisons principales qui poussent les parents à envoyer leurs enfants à l’étranger sont l’apprentissage d’une langue étrangère, l’expérience internationale, et le fait de gagner en autonomie et en indépendance. Mais alors qu’un plan d’épargne dédié aux études est monnaie courante aux États-Unis, cela reste une exception partout ailleurs », observe Simon Williams, responsable de la banque de gestion de patrimoine.
Ingrid Lemelle

Sur la photo : 14% des jeunes français sont partis à l’étranger au cours des cinq dernières années pour d’autres motifs que les vacances, selon une étude du Credoc 2015. Photo Fotolia.