Stéphane Gasparini, 45 ans, et Clémentine, sa fille de 23 ans, ont obtenu le même diplôme d’ingénieur. Logique dans une famille de technophiles, si ce n’est qu’ils l’ont obtenu le même jour… Après un bac S, la jeune fille, passionnée par les séries télévisées, souhaite entrer dans la police scientifique. Pour s’en donner les moyens, elle choisit d’intégrer une école d’ingénieurs et privilégie l’Insa. « J’ai très vite oublié la police scientifique pour me prendre de passion pour l’électronique et l’automatisme. »
Son père travaille justement chez Motorola à la création de nouvelles fonctionnalités pour les téléphone portables. Technicien depuis 25 ans, et grâce « à pas mal d’opportunités », il a pu acquérir des « compétences spéciales » qui lui permettent, « même s’il ne possède pas de diplôme d’ingénieur », d’être reconnu en tant que tel et d’occuper des fonctions d’encadrement. Sa femme l’incite à entrer dans une démarche de VAE. « Elle en avait entendu parler et elle pensait que pour l’avenir, il serait mieux que je possède le diplôme d’ingénieur afin de ne pas me retrouver le bec dans l’eau si je devais quitter ma société pour une autre entreprise moins flexible. »
Stéphane Gasparini entre en contact avec le le CRIVA (le Centre régional inter-écoles de validation des acquis) et obtient d’abord en un an son BTS en VAE. Le diplôme en poche il décide d’embrayer dans la foulée avec celui d’ingénieur. Il cible alors l’Insa, les savoirs qu’il a acquis sur le terrain coïncidant avec la formation proposée par l’école. « Il m’a fallu faire le bilan de mes expériences professionnelles et personnelles pour justifier qu’elles correspondaient aux UV de la formation que j’avais choisie. » Dans cette démarche, Stéphane est aidé par sa fille, Clémentine, qui connaît l’Insa de l’intérieur et notamment la nature des enseignements et « l’esprit de l’école ».
Accepté en juin 2010, Stéphane Gasparini met le turbo pour constituer en un an le dossier de cent pages qui pourrait lui permettre d’obtenir son diplôme en même temps que sa fille. Après une soutenance de son dossier devant un jury de professeurs et de professionnels, et finalement sur cette simple base, sans reprendre d’études, il s’est vu attribuer le diplôme qu’il convoitait. « J’étais d’autant plus fier que ça n’arrive que dans 2% des cas. »
Aujourd’hui, Clémentine poursuit ses études en Master à Centrale Paris dans le domaine des systèmes embarqués. Stéphane Gasparini est, lui, ravi d’avoir réussi le tour de force d’obtenir son diplôme sans même retourner sur les bancs de l’école grâce à la VAE. « C’est un moyen de faire reconnaître ses compétences, qui n’est certes pas évident, il faut notamment être capable d’avancer seul, mais c’est passionnant car cela pousse à l’introspection. »
Agnès Frémiot
Sur la photo : Stéphane et Clémentine Gasparini, lors de la remise de leur diplôme d’ingénieur. DR.
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