ToulEmploi

Publié le lundi 19 décembre 2016 à 08h55min par Ingrid Lemelle

Occitanie : les nouveaux arrivants alimentent-ils les chiffres du chômage ?

Non ! Ou peu, si l’on se réfère aux données publiées, le 13 décembre dernier, par l’Insee. Entre liens affectifs et attractivité économique, tour d’horizon des motivations et des profils des chômeurs qui s’installent en Occitanie.

L’attractivité de la région Occitanie serait l’un des freins à la diminution du chômage. Si le volume d’emplois créés ces dernières années est certes parvenu à se maintenir à des niveaux élevés, le nombre de demandeurs d’emploi, lui, continuerait à être largement supérieur aux opportunités, sous l’effet notamment des personnes qui s’y installent chaque année… Or l’Insee s’est justement penché sur le poids de ces nouveaux arrivants parmi la population en recherche d’emploi. Une étude qui révèle qu’il est finalement assez faible.

« L’Occitanie attire, en 2013, 23.500 personnes, de 15 ans ou plus, se déclarant au chômage. Elles représentent 6,2% de la population au chômage sur le territoire. Au regard de cette part relativement réduite, le chômage régional n’apparaît donc pas alimenté par des arrivées massives de chômeurs venant s’installer dans la région, même si elles y contribuent », rapportent ainsi les auteurs de l’enquête. Des « néo-chômeurs » qui présentent en outre, des profils assez différents des ceux qualifiés de « stables », c’est-à-dire qui y résident déjà.

Des chômeurs plus diplômés

« Les chômeurs qui viennent s’installer dans la région sont majoritairement des femmes (56%) qui le plus souvent vivent en couple. Ces deux caractéristiques sont surreprésentées par rapport aux chômeurs dits stables », souligne l’Insee. Des femmes qui arrivent avec leur conjoint, car celui-ci a trouvé un emploi (22% des arrivants au chômage), qui viennent rejoindre une personne vivant déjà en Occitane (13%), ou encore qui arrivent couple dans l’espoir que chacun puisse trouver du travail (12%), 27% des nouveaux arrivants au chômage vivant seuls ou en cohabitation. Ce sont cette fois majoritairement des hommes. Jeunes ! 60% ont effet moins de 30 ans, contre un tiers pour les chômeurs stables. C’est également le cas des personnes qui viennent rejoindre leur famille, qui représentent 11% des nouveaux arrivants en situation de chômage.

Autre caractéristique, quasiment commune à tous, et là encore différenciatrice des autres chômeurs, les personnes nouvellement installées en Occitanie se révèlent mieux armées pour renouer avec les marché du travail. Parmi celles qui vivent en couple, 36% possèdent ainsi un diplôme de l’enseignement supérieur (43% lorsque le conjoint travaille), contre 23% pour les autres demandeurs d’emploi en couple. Les célibataires de moins de 30 ans se révèlent également plus diplômés, et « constituent donc un vivier de jeunes diplômés pour les entreprises de la région en quête de main-d’œuvre qualifiée », observe l’Insee. C’est aussi le le cas pour ceux qui font leur retour dans le giron familial : 42% ont un diplôme du supérieur, contre seulement 18% des stables.
Ingrid Lemelle

Sur la photo : 56% des chômeurs qui viennent s’installer en Occitanie sont des femmes. Photo Pôle emploi DR.