ToulEmploi

Publié le lundi 1er octobre 2018 à 18h42min par Ingrid Lemelle

Menez l’enquête avec l’Ifar de Montpellier

L’Occitanie compte l’un des très rares cursus français menant à la profession de détective privé. Et les places sont chères pour ceux qui ont la vocation !

Qui n’a pas rêvé un jour d’endosser le costume de Sherlock Holmes ou de Philip Marlowe et de mener l’enquête ? Montpellier compte l’une des très rares formations françaises d’Agent de recherches… détective privé pour les néophytes ! Elle ne sont que trois à être homologuées au niveau national et le cursus occitan a même été précurseur dans le domaine. Chaque année, l’Ifar (Institut de formation des agents de recherche) forme trente personnes à ce métier. « Nous proposons un Titre de Responsable d’investigations et d’opérations de recherches privées, destiné aux futurs directeurs d’agence, et un CQP d’Agent de recherches pour les salariés de ces agences », explique Yves Conversano, son directeur et créateur.

Dans les faits, le métier de détective privé s’exerce en France sous un statut libéral, et rares sont les agences à embaucher des salariés. « Nous proposons donc aux titulaires du CQP d’exercer pendant six mois et de revenir ensuite décrocher le titre en obtenant les modules manquants. » Des centaines de personnes venues de toute la France présentent chaque année leur candidature dans l’espoir d’obtenir ce sésame. « Une expérience en droit est un véritable atout. Nous exigeons également un Bac +2. Pour les autres, nous avons mis en place un cycle préparatoire (3612 € Ndlr) afin de leur permettre de découvrir la profession et de bénéficier d’une remise à niveau. Ils accèdent ensuite plus facilement à la formation. »

Une profession qui se féminise

Yves Conversano met cependant en garde contre l’image caricaturale que certains pourraient avoir de la profession. « Nous exerçons avant tout un métier de recherche intellectuelle. Le détective privé agit à la demande de personnes physiques ou morales (entreprises ou particuliers), et procède à des investigations pour rechercher des éléments de preuves et d’informations en vue de la manifestation de la vérité. Son activité répond au besoin légitime de tout citoyen qui estime subir un préjudice, civil, pénal ou commercial. » Les détectives privés enquêtent par exemple à la demande des entreprises pour des problématiques de concurrence déloyale, d’espionnage industriel, de vols ou d’absentéisme. On est bien loin du cinéma ! Du côté des particuliers, il s’agira de rechercher des personnes disparues, d’enquêtes sur la succession ou des séparations.

Les étudiants s’initient donc aux techniques de filature et d’investigation, à celles de la police technique et scientifique, au cadre juridique de l’exercice de leur profession, mais aussi à la gestion et à l’intelligence économique. « Pour exercer cette profession, il faut savoir faire preuve de sagacité, avoir de bonnes capacités intellectuelles et des qualités humaines », conclut Yves Conversano. A noter que les femmes sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses dans cette filière !
Agnès Frémiot

3800 euros le CQP, 6400 euros le Titre, formations pouvant faire l’objet de financements

Sur la photo : Les femmes sont de plus en plus nombreuse à se lancer dans la profession de détective. Photo Fotolia - Sebra.