ToulEmploi

Publié le lundi 2 juillet 2012 à 18h34min par Valérie Ravinet

Latécoère : quels sont les profils qui peuvent briguer ses 400 postes ?

Avec une présence dans neuf pays et des partenariats de premier rang avec les grands avionneurs mondiaux, le groupe Latécoère confirme sa croissance au fil des années. Pour 2012, les quelque 4.000 salariés du groupe seront rejoints par 400 nouvelles recrues, en France comme à l’étranger. Détails des postes, des profils et de la politique ressources (...)

Latécoère annonce 400 recrutements pour 2012, quelles sont les activités du groupe concernées ?
Sur la prévision de 400 recrutements pour 2012, la moitié concerne nos activités à l’étranger. Nous recrutons notamment 100 personnes à Prague, avec un site de production en forte croissance. 40 embauches sont prévues au Mexique, pour l’ouverture de notre nouvelle usine, qui a vocation à accompagner notre développement en Amérique du Nord. Nous renforçons aussi les équipes des bureaux d’études canadiens et allemands d’une vingtaine de personnes par filiale.
En France, sur 200 recrutements envisagés, 90% concernent des postes pour les bureaux d’études toulousains, Latécoère Aérostructure, Latelec et Latecis.

S’agit-il de créations de postes ou de remplacement ?
La moitié des recrutements est liée à des créations de postes, nous sommes bien dans une stratégie de croissance. Notre taux de turnover se situe autour de 5%, y compris départs en retraite. Un taux qui s’élève à 12% chez Latecis, ce qui est relativement faible pour une activité de services. Les personnels de Latécoère affichent un bon niveau de satisfaction qui ne se dément pas.

Plus précisément, quels sont les profils que vous recherchez sur Toulouse ?
Le groupe recherche 120 ingénieurs et 25 techniciens spécialisés en structure ou électricité aéronautiques, sur des activités de conception d’éléments de fuselages, de portes d’avion, de meubles et harnais électriques. Pour les techniciens, ce sont des postes de conception et préparation. 50 recrutements sont également en cours dans les fonctions support : achats, méthodes, qualité et production. Nous recrutons essentiellement des personnels déjà expérimentés (2 à 5 ans d’expérience), mais nous lançons également une démarche "jeunes diplômés".

On parle de réelles difficultés de recrutement d’ingénieurs et de techniciens, notamment sur Toulouse. Qu’en est-il pour Latécoère ?
Je vous ferai une réponse à plusieurs niveaux. D’abord concernant les différences entre Toulouse et le reste du monde, la situation est évolutive. Par exemple, nous avons eu les plus grandes difficultés à recruter à Prague, où le taux de chômage est très bas. En Allemagne et au Canada, le marché est également très tendu. C’est en revanche moins difficile en Tunisie. Mais la situation d’un jour n’est pas la même trois ans plus tard, elle ne reste pas figée.
Par ailleurs, en France, l’image de l’industrie est encore négative, même si l’on travaille fermement à son évolution : les métiers d’ajusteur monteur ne font toujours pas rêver. Pourtant, quand on fait visiter nos sites à des collégiens, ils se montrent surpris par la modernité des métiers. Pour eux, l’industrie, c’est encore Zola ! J’ajoute que chez Latécoère, les rémunérations minimum se situent à 1.600 euros par mois, sur 13 mois.
Enfin, concernant les ingénieurs et techniciens, nous rencontrons sur Toulouse les mêmes difficultés que les autres industriels, même si l’attractivité du groupe est forte.

Vous évoquiez le lancement d’une démarche "jeunes diplômés", quelle est-elle ? Quelles sont les actions que vous menez pour trouver des candidats et recruter ?
Nous lançons des modules de formation à l’attention des personnes issues de secteurs autres que l’aéronautique. En trois mois, par promotion de 5 à 6 personnes, nous travaillons de façon structurée sur les sujets découverte de l’aéronautique, connaissance de nos clients, cas d’école… L’objectif est de densifier l’apprentissage plutôt que de l’absorber au fil de l’eau.
Pour les préparateurs, nous avons mis au point des modules de 9 mois, en partenariat avec l’AFPI : trois mois de formation, suivis de 6 mois d’immersion avec les équipes.
Enfin, nous avons monté, avec l’AFPI, sur le site de Gimont, une formation de 11 mois à destination des habitants, en contrat de professionnalisation. Un « centre de formation Latécoère », que les pouvoirs publics examinent actuellement pour envisager un élargissement aux besoins d’autres industriels à proximité.
Au-delà, nous conduisons des actions de marketing RH de plus en plus poussées : relations avec les écoles, mailing, cooptation…

Avez-vous des estimations de croissance à plus long terme ? Lesquelles ?
Nous avons une visibilité sur nos carnets de commande de près de 5 ans, avec une prévision d’évolution de 6 à 7% par an. Nous allons donc continuer de recruter dans les prochaines années, dans un rythme de croissance continue.

Dernière question : qu’en est-il de la parité hommes – femmes dans vos équipes ?
Nous comptons aujourd’hui environ 30% de femmes dans nos équipes. Il faut dire que dans le métier du câblage, les femmes sont sensiblement plus nombreuses, ce qui fait augmenter le pourcentage global. Néanmoins, je vous confirme que le recrutement de femmes n’est pas un frein, au contraire ! Nous sommes favorables à la féminisation des équipes, quel que soit le métier concerné, et jusqu’au conseil d’administration, aujourd’hui encore 100% masculin !
Propos recueillis par Valérie Ravinet

Les fiches postes sont disponibles sur les sites du groupe :
www.latecoere.fr
www.latelec.com
www.latecis.com

Sur la photo : Pierre Burello DRH du groupe Latécoère. Photo Rémy Gabalda - ToulEco.