ToulEmploi

Publié le lundi 7 janvier 2013 à 17h31min par Ingrid Lemelle

L’UIMM Midi-Pyrénées repense la place des seniors

Comment assurer le transfert de compétences des seniors aux juniors ? Par quels moyens ? L’Union des industries et des métiers de la métallurgie en Midi-Pyrénées, qui a dressé un état de lieux des actions menées au sein de ses entreprises membres à l’égard des seniors, a mis au point un outil (...)

Alors que les accords seniors dans les entreprises prévoient une pénalité financière pour les employeurs qui ne les respectent pas, le nombre de demandeurs d’emploi seniors en Midi-Pyrénées a augmenté de près de 16% sur un an pour atteindre le chiffre de 47.800 à fin novembre 2012. « Cette situation est préoccupante, note Isabelle Puyau, directrice adjointe emploi formation de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Midi-Pyrénées, qui regroupe 18.000 entreprises et 80.000 salariés, dont 2 à 3% d’entre eux sont partis à la retraite dès 2012. Aussi, nous avons décidé avec la Direccte et les syndicats de salariés de nous pencher sur la place des seniors au travail. »

La preuve par l’exemple

Quelque 450 entreprises régionales du secteur ont ainsi été interrogées pour dresser un état des lieux de la politique RH mise en place dans les entreprises de la métallurgie à destination des seniors. « Elles sont volontaristes et se préoccupent de plusieurs problématiques comme la formation et l’embauche des jeunes, l’accompagnement ou encore la transmission des savoirs », souligne Isabelle Puyau. Pour leur faciliter la tâche, l’UIMM proposera à partir de fin janvier un outil d’accompagnement des PME sous la forme d’une méthodologie opérationnelle. En clair, il s’agit de procéder « sur la base du volontariat, à un diagnostic de la politique RH sur deux jours avec le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avant d’établir un plan d’actions à mener ».

Certaines entreprises ont déjà mis en place des actions. C’est le cas de Scopelec. « Nous avons eu un besoin très rapide de former en interne du personnel pour assurer le basculement sur les nouvelles technologies, du cuivre à la fibre optique », témoigne Bernard Beneditti, directeur régional Sud de Scopelec. Par conséquent, la société spécialisée dans la conception, l’installation et la maintenance des systèmes de communication a crée son campus en interne. Des seniors volontaires décident de former les plus jeunes. Un succès. Car en 2012, 200 jeunes ont suivi 1.000 heures d’enseignement, selon le directeur. De plus, ce campus dispense aussi des formations pratiques, sur le terrain. En effet, des experts seniors qualité sont désignés pour former les jeunes chefs de chantier.
Audrey Sommazi

Photo Fotosenmeer - Fotolia.

La piste du contrat de génération

Présenté par le ministre du Travail Michel Sapin, le 12 décembre dernier au conseil des ministres, le projet de loi instituant le contrat de génération affiche un triple objectif : l’accès durable des jeunes à l’emploi, le maintien à l’emploi des seniors et la transmission des savoirs et de l’expérience entre générations. Les moins de 26 ans et les plus de 57 ans sont concernés par ce dispositif qui allie l’embauche d’un jeune en CDI et le maintien en emploi d’un senior. L’entreprise recevra en contrepartie une aide de 4.000 euros par an. Un outil dont pourraient s’emparer rapidement les entreprises industrielles régionales…