ToulEmploi

Publié le lundi 5 septembre 2011 à 18h43min par Ingrid Lemelle

L’Ariège se dote du premier observatoire départemental sur le télé-travail

Pour développer son économie, l’Ariège a misé depuis quelques années sur le télétravail et s’impose aujourd’hui comme le premier département français à se doter d’un observatoire sur le sujet. Il a vocation à servir d’exemple pour Midi-Pyrénées et d’en faire peut-être une région pilote dans le (...)

L’Ariège est le premier département français à avoir réalisé sur son territoire un observatoire du télé-travail. Ariège Expansion, l’agence de développement économique du département, travaille sur cette problématique depuis de nombreuses années, comme le signale Annie Fachetti, co-responsable du programme Ariège télétravail. « De 2005 à 2007, nous avons mené une expérimentation pour accueillir des télé-travailleurs sur notre territoire dans le cadre d’un contrat de revitalisation. Nous tenions ainsi à démontrer que pour les départements ruraux comme le nôtre, il s’agissait d’un enjeu intéressant de développement économique. »

L’observatoire a aujourd’hui à la fois vocation à recenser les télé-travailleurs ariègeois, mais possède également un but pédagogique et informatif. « Nous souhaitons notamment sensibiliser les entreprises au développement du télé-salariat. L’observatoire en a identifié six pour une quinzaine de télé-salariés, mais d’ici deux ans nous souhaiterions qu’une vingtaine d’entreprises recourent à ce mode d’organisation du travail. »

150 télé-travailleurs pour un CA de 2 millions d’euros

150 télé-travailleurs ont été recensés dans l’Ariège pour un chiffre d’affaires estimé à 2 millions d’euros en 2010. Logiquement, les secteurs de la communication, de l’édition, de la publication et du Web représentent plus de 50% des compétences des télétravailleurs ariègeois. « Notre plus grosse surprise a été de constater qu’un de nos télé-travailleurs avait démarré son activité en 1981. »

A terme, Ariège Expansion souhaiterait, même si tous les métiers ne sont pas télé-travaillables, que 15% de la population active recoure au télé-travail au moins deux jours par semaine. « Il faut que les entreprises sachent qu’il existe un contexte juridique approprié pour mettre en place ce nouveau mode d’organisation du travail et l’intégrer dans le fonctionnement de l’entreprise. » Un accord-cadre de 2005 fixe en effet des règles dans ce domaine. Annie Fachetti espère que l’étude lancée par Eric Besson pour « réduire le retard actuel de la France en matière de télétravail » ne soit pas « une étude de plus » sur le sujet et concourt à changer les mentalités et effacer les freins, notamment psychologiques, pour son développement.

« Nous souhaiterions également que notre observatoire ait vocation d’exemple pour l’ensemble de la région Midi-Pyrénées et qu’elle puisse devenir pilote au niveau national en matière de télé-travail. D’autres départements ont justement des programmes d’expérimentation sur le sujet, comme le Lot, le Gers ou le Tarn-et-Garonne. » Le Conseil général du Lot a en effet lancé une expérimentation pour qu’une trentaine de ses agents travaillent à distance. « Nous avons tous pour devenir une région pilote. »
Agnès Frémiot

Les résultats complets de l’Observatoire

Une forme d’organisation, deux statuts

Le télétravail peut-être pratiqué sous deux statuts : « indépendant », c’est-à-dire sous forme d’entreprise individuelle, auto-entrepreneur, freelance, profession libérale … démarche qui rejoint alors celle d’un créateur d’entreprise classique, ou « salarié ». L’organisation en télétravail passe cette fois par un avenant au contrat de travail signé entre l’employeur et le salarié.