ToulEmploi

Publié le lundi 17 décembre 2012 à 16h52min par Ingrid Lemelle

L’Afpa dévoile sa feuille de route à Toulouse

Le jeudi 13 décembre dernier, tout le staff de l’Afpa était réuni au centre de Palays à Toulouse. Le président de l’association, Yves Barou, a présenté au Comité central d’entreprise et aux 122 directeurs de centres son plan de refondation. Il vise à redresser financièrement l’organisme, mais aussi à développer son (...)

« L’Afpa a été condamnée à une mort certaine, jetée du jour au lendemain, sans aucun fond propre ni règle du jeu. Un paradoxe dans une période de crise, le besoin en formations étant plus grand. Or je rappelle que l’Afpa forme 500 fois plus de personnes que l’Ena… Vous imaginez si l’État décidait de lâcher l’Ena ? » interroge le président de l’association nationale pour la formation des adultes. Yves Barou n’entend pourtant pas laisser disparaître le premier organisme de formation français.

A la tête de l’Afpa depuis la (très médiatique) démission de Jean-Luc Vergne en juin dernier - celui-ci avait déclaré vouloir provoquer ainsi un choc -, l’ancien DRH de Thales a donc élaboré un plan de refondation. Un plan qui a pour triple ambition de transformer le modèle pédagogique de l’association, de développer son activité et de redresser ses finances. « Il ne nous manque plus qu’une chose, que l’État nous octroie des fonds propres, mais c’est en bonne voie », estime le président, le montant de 200 millions d’euros circulant depuis quelques semaines. Devant l’encadrement de l’association, réuni en séminaire ce jeudi 13 décembre à Toulouse, Thierry Repentin, le ministre délégué à la formation professionnelle a certes réaffirmé le soutien du gouvernement.

Plus de proximité « client »

Yves Barou, quant à lui, a détaillé les dix chantiers prioritaires d’un plan d’action qui vise l’équilibre financier à l’horizon 2015. Sur la cible demandeurs d’emploi, l’Afpa souhaite ainsi restaurer des relations de proximité avec les conseils régionaux (lire l’encadré ci-dessous). L’association dévoile également une ambition très forte sur le marché des entreprises avec la mise en œuvre d’une organisation commerciale spécifique aux 500 plus grandes entreprises françaises. « Même si cette approche n’était pas dans la culture d’un organisme dont l’objectif n’est pas le profit mais l’utilité sociale, c’est aujourd’hui une question de survie », souligne son président.

Plus proche de ses « clients », l’Afpa ambitionne dans le même temps renforcer son rayonnement national par la redynamisation de l’ingénierie (l’organise compte trois centres qui définissent les pédagogies, dont celui de Palays pou les formations BTP) et l’adaptation continue de ses formations. Des investissements importants sont ainsi programmés sur ses plateaux pédagogiques et le recrutement de 500 à 700 formateurs prévus au cours des cinq prochaines années. A Toulouse, le centre de Balma a d’ailleurs intégré récemment une 3e cellule avion pour développer ses formations en aéronautique.

De quoi rester donc l’organisme de référence en matière de formation des demandeurs d’emploi et des salariés. Le Conseil d’orientation se prononcera sur ce plan le 19 décembre.
Ingrid Lemelle

Sur la photo : « Si l’Afpa n’existait pas aujourd’hui, il faudrait l’inventer », affirme Yves Barou, le président de l’association nationale pour la formation des adultes. Photo Hélène Ressayres – ToulEco.

Le CESER Midi-Pyrénées favorable à une modification de la loi

« Je plaiderai pour que la Région revoit à la hausse ses engagements vis à vis de l’Afpa » a déclaré récemment le président du CESER Midi-Pyrénées. Le 30 novembre dernier, Jean-Louis Chauzy organisait en effet la réunion du bureau du CESER sur le Campus Afpa de Balma. Une première ! Une façon d’affirmer son soutien à l’organisme dans un contexte où « la formation et de la qualification constituent un véritable challenge pour la Région ». Une vraie satisfaction également pour le directeur de l’Afpa Midi-Pyrénées, Emile Pérez espérant que le cadre légal d’attribution des marchés formation évoluera en faveur de l’association.

Sur la photo (au centre), Emile Pérez (à gauche) et Jean-Louis Chauzy. Photo Hélène Ressayres - ToulEco.

1 Commentaire

  • Le 18 décembre 2012 à 11:41 , par Poupere

    « jetée du jour au lendemain, sans aucun fond propre ni règle du jeu ». Ces termes ne sont pas exacts, puisque depuis des années l’état a annoncé son intention de se désengager de l’AFPA sans que cette dernière ne prenne au sérieux cette décision, attendant toujours son financement de l’état, et sans prendre des mesures assez fermes pour assurer son autofinancement. L’efficacité de cette grande maison en matière de formation doit se manifester aussi sur les champs de la rentabilité et de la gestion de son personnel qui est de loin son plus grand point faible.

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