ToulEmploi

Publié le lundi 14 décembre 2015 à 11h12min par Ingrid Lemelle

Itinéraire d’un enfant… motivé !

Le Brésil, puis le Canada. Deux destinations et deux expériences très différentes, dont Pierre-Alexandre est revenu « moins timide », et « plus ouvert ».

Dans quelques mois, Pierre-Alexandre Maury, 22 ans, terminera son cursus d’ingénieur Informatique et réseaux à l’Insa de Toulouse. Cinq années d’études, au cours desquelles il avait l’obligation de passer douze semaines, au minimum, à l’étranger. « J’ai préféré partir tout un semestre, l’école ayant de nombreux partenariats avec des universités à travers le monde. En Europe, où l’intégration sur dossier est très sélective, mais aussi en Amérique du Sud et en Asie. J’ai choisi le Brésil, plus accessible. » Son projet validé, Pierre-Alexandre prend rapidement conscience de l’ampleur des démarches à réaliser.

« On est totalement livré à nous-même »

« Franchement, je ne pensais pas que ce serait si compliqué. Pour le visa par exemple, le Brésil n’a qu’un consulat, à Paris, et il a fallu se déplacer pour en faire la demande et ensuite le retirer. Pour la sécurité sociale, j’ai dû souscrire une assurance spécifique, pour le voyage, faire un prêt, pour le logement, plusieurs recherches avant de trouver un appartement via le site Airbnb… Bref, même dans le cadre d’un échange entre établissements d’enseignement supérieur, on est totalement livré à nous-même ! » L’étudiant peut cependant compter sur le soutien financier de son école, du Conseil régional et du Crous. « J’ai également bénéficié de l’accord Brafitec, c’est-à-dire d’une bourse octroyée aux jeunes qui viennent étudier au Brésil. Ça m’a beaucoup aidé, mais cela a impliqué, là encore, des démarches, puisqu’il a fallu que j’ouvre un compte bancaire là-bas. » Beaucoup d’aspects à gérer donc, pour celui qui s’apprête à prendre l’avion pour la première fois…

« Heureusement, nous étions cinq copains à partir en même temps. Nous nous sommes soutenus, notamment les premières semaines, car ce n’est pas évident de débarquer dans un pays dont tu ne maîtrises ni la langue, ni la culture… » A l’Université fédérale de Rio, l’intégration se déroule sans accrocs. « Le niveau était assez bas, et le rythme plutôt cool. » Un élément dont Pierre-Alexandre mesurera l’importance plus tard. « Deux des personnes avec qui je suis parti ont eu du mal à se remettre dans le rythme et ont dû redoubler leur année. A l’inverse, certains étudiants qui avaient été pris dans des universités européennes se sont retrouvés en difficulté pour suivre les cours sur place, et ont eux aussi redoublé. »

Une adaptation permanente

Alors qu’il est encore à Rio, le jeune homme repère, sur le site de l’Insa, une offre de stage au Canada. « Je savais que je devrai en faire un en 5e année, et j’ai donc postulé. » Malgré les obstacles et quelques coups de blues, Pierre-Alexandre a en effet attrapé le virus. « J’ai envoyé ma candidature et fait un entretien par Skype, et j’ai été pris, en grande partie parce que j’étais justement au Brésil », estime-t-il aujourd’hui. De retour à Toulouse, il doit multiplier de nouveau les démarches en vue de son prochain stage. « Très longues dans le cas du Canada, qui demande beaucoup de documents. » Mais le contexte est cette fois différent. Pierre-Alexandre part seul, pour travailler, dans un pays francophone… « Ça été beaucoup plus simple par certains côtés, car j’avais gagné en assurance et le sentiment d’avoir un peu le mode d’emploi. Je me suis étonnamment senti beaucoup moins livré à moi-même, alors que je ne connaissais personne. Seulement, j’ai dû me confronter encore une fois à une culture différente. Différente de la mienne bien sûr, mais aussi de celle du Brésil. Et il a fallu s’adapter. »

Mais c’est finalement dans cette adaptation permanente que réside tout l’intérêt du voyage. « Je suis aujourd’hui beaucoup moins timide, mais le plus important je crois, c’est que je suis beaucoup plus ouvert et tolérant. » Une évolution dont il est certain qu’elle se révélera payante sur le plan professionnel. « Surtout dans mon secteur, où les entreprises sont très sensibles à ce qu’elles appellent l’intelligence interculturelle. » Dans l’immédiat, Pierre-Alexandre souhaite faire son stage de fin d’études en France. « J’aimerais bien repartir, mais je pense que c’est important de pouvoir justifier d’une expérience en France pour décrocher un premier emploi. » Dans une entreprise qui pourra, il l’espère, lui offrir des perspectives d’évolution à l’international.
Ingrid Lemelle

Sur la photo : Pierre-Alexandre Maury s’adonnant au "sport national" sur une plage de Rio. DR.