La question
Est-ce que j’ai une tête de chef d’entreprise ?
10 octobre 2011 19h45
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L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), premier opérateur de microcrédit en France, a annoncé le lancement d’un fonds de prêts d’honneur pour les jeunes créateurs d’entreprises. Une nouvelle façon de lutter contre le chômage des 18-32 ans qui fait cette semaine l’objet d’une grande campagne d’information. En partenariat avec les Missions Locales de Toulouse et le Pôle emploi Midi-Pyrénées, l’Adie proposera des témoignages de jeunes créateurs d’entreprise, des ateliers pratiques sur la création d’entreprise et des rendez-vous individuels pour échanger autour des projets de chacun. Le point avec Séverine Ragu, responsable du programme Créajeunes en Midi-Pyrénées.
Sur les affiches de la nouvelle campagne de l’Adie, on voit des jeunes aux looks très différents avec une seule question "Est-ce que j’ai une tête de chef d’entreprise ?". C’était quoi l’idée ?
Trop souvent, on entend des jeunes nous dire : "Créer mon entreprise, j’aimerais ! Mais je n’ai pas d’argent, et puis personne ne croira pas en moi et ne voudra m’aider". On a voulu leur montrer des jeunes comme eux, qui ont réussi à monter leur entreprise individuelle, avec l’aide de l’Association pour le droit à l’initiative économique. En 2010, sur les 10.000 entreprises financées par l’Adie, un tiers l’était par des créateurs âgés de moins de 32 ans, soit plus de 3.000 projets en France. À Toulouse, ce sont une centaine de jeunes qui sont accompagnés chaque année.

Pour quelles raisons est-il plus important d’aider les 18-32 ans ?
Par rapport à leurs aînés, les jeunes sont moins bien armés pour monter leur boîte. Les moins de 25 ans ne touchent pas de RSA, ils n’ont pas suffisamment travaillé pour disposer d’économies, et ont des capacités de remboursement faible. Pour toutes ses raisons, les jeunes n’ont vraiment pas les moyens d’emprunter auprès des organismes de crédits classiques.

L’Adie, association pionnière et principal acteur du microcrédit en France, lance aujourd’hui un nouveau fonds de prêts d’honneur pour les jeunes créateurs d’entreprises. Pourquoi est-ce nécessaire ?
C’est un levier supplémentaire pour se lancer… En moyenne, un jeune –diplômé ou non– met 24 mois pour trouver un emploi stable. Le chômage des jeunes (22,3%) peut atteindre 40% des actifs dans les quartiers en difficulté. C’est une catastrophe ! C’est l’un des problèmes majeurs auxquels notre société est confrontée. Aujourd’hui, leur seule solution est de créer leur propre job. Attention, il n’y a pas de création par dépit ! Mais si certains sont des entrepreneurs nés, d’autres créent pour gagner en expérience.

Comment faire pour être accompagné par l’Adie ?
Depuis 2007, notre programme Créajeunes propose gratuitement un accompagnement spécifique et un soutien personnalisé, avant et après le démarrage de l’activité. Au programme : 6 semaines d’ateliers collectifs pour maîtriser les étapes clés de la création d’entreprise (statut juridique, plan de financement, développement personnel, étude de marché, etc.), suivi individuel pour booster son projet, accès au réseau de l’Adie…

Concrètement, que représente ce coup de pouce du prêt d’honneur "Jeunes" ?
Ces prêts sans intérêts sont réservés aux jeunes de moins de 32 ans les plus en difficulté. Il s’agit d’un microcrédit (de 500 à 5.000 euros) complété par un prêt d’honneur "Jeunes" (de 500 à 5.000 euros à 0%) pour financer des besoins allant jusqu’à 10.000 euros. Les jeunes ont 60 mois pour rembourser, avec la possibilité de différer de 24 mois le début des mensualités. L’idée : les responsabiliser pour qu’ils soient fin prêt pour accéder ensuite aux banques.
Isabelle Bonnet-Desprez

L’Adie en campagne à

Albi :
Maison Commune Emploi Formation, 17 rue Gabriel- Compayre, mardi 11 octobre, 14h-17h.

Foix :
Maison Commune Emploi Formation, 18 rue l’Espinet, jeudi 13 octobre, 14h-17h.

Toulouse :
Antenne Adie, 3 rue Bayard, vendredi 14 octobre, 10h-13h.
Mission Locale Izards, 1 chemin des Izards, jeudi 13 octobre, 14h-16h.
AFIJ, 25 rue Notre-Dame, jeudi 13 octobre, 10-12h.


Sur la photo : Agapi, 27 ans, créatrice d’une boutique de piercing, tatouages et bijoux à Lille, une des "figures" de la campagne d’affichage de l’Adie pour informer les jeunes porteurs de projet de son nouveau fonds. DR.

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