ToulEmploi

Publié le lundi 25 février 2019 à 18h55min par Ingrid Lemelle

Emploi cadre : en Occitanie, le marché se tasse, mais…

Classée 3e région la plus dynamique en termes de créations d’emploi cadre, en 2018, l’Occitanie se situe désormais au même niveau que Les Hauts de France et PACA. Soit quelque 16.000 opportunités à saisir cette année. L’Apec dévoile les besoins.

15.570 cadres recrutés en 2018, soit une croissance annuelle de 1% (11% au national). Un niveau bien inférieur à ce que les entreprises avaient programmé (entre 3 et 14%), et surtout, à l’évolution des créations d’emploi cadre : en hausse de 14% entre 2016 et 2017. Les démissions, licenciements, départs à la retraite… ont par ailleurs progressé de 4%. Quant aux promotions, elle sont en recul de 6%. Des indicateurs de mauvais augure pour les cadres de la région Occitanie ? « Les recruteurs se sont certes montrés plus prudents que prévu, mais la pénurie de candidats ingénieurs et informaticiens impacte la dynamique des embauches », répond le délégué régional de l’Apec, Jean-Sébastien Fiorenzo.

La dernière enquête de l’Association pour l’emploi des cadres fait état de 15.890 à 16.950 projets en 2019, soit une variation qui serait cette fois comprise entre + 2% et + 9% par rapport à l’an dernier. Mais là encore, une lecture attentive de l’étude révèle que la dynamique n’est pas partagée par tous et partout. 72% des intentions de recrutement restent ainsi concentrés dans l’ex-région Midi-Pyrénées, et tout particulièrement en Haute-Garonne, où 15% des entreprises envisagent d’accroître leur effectif cadres (contre 13% en moyenne dans la région). Le marché devrait, à l’inverse, se contracter dans les départements de l’Aude, la Lozère et des Pyrénées-Orientales, où 7% des entreprises anticipent leur réduction, contre 3% en moyenne pour l’ensemble des entreprises.

« L’Occitanie est la 1re région de France pour le recrutement d’informaticiens »

Rien de nouveau en revanche au niveau de la répartition des besoins. Les services réunissent 74% des projets, suivis de l’industrie (17%, en recul de trois points par rapport à 2017), deux secteurs qui offrent davantage d’opportunités en Occitanie que sur le plan national. Le commerce (5%) et le BTP (4%) proposent, à l’inverse, moins de débouchés qu’en France. En termes de fonctions, 25% des projets d’embauche ciblent toujours les cadres de l’informatique, à quasi égalité avec ceux des études, recherche et développement (23%). « L’Occitanie est la 1re région de France pour le recrutement d’informaticiens », souligne Jean-Sébastien Fiorenzo. Les cadres des fonctions commerciales concentrent encore 12% des projets, à l’instar de ceux relevant des secteurs santé et action sociale, culture, banque, assurance, immobilier, transports… Mais les intentions de recrutement de cadres évoluant dans la production industrielle et la construction atteignent les 10% (en hausse de deux points).

« Concernant les profils, ce sont avant tout les jeunes cadres expérimentés qui sont recherchés », conclut le délégué régional. « Ceux totalisant 1 à 5 ans d’expérience rassemblent 32% de l’ensemble des projets. Les débutants pourraient, eux aussi, profiter d’un marché particulièrement porteur. Ils rassemblent plus de 3000 intentions de recrutement. »

Reste à savoir si la conjoncture, l’impact des mouvements sociaux et autres aléas économique régionaux permettront de confirmer ou d’infléchir ces prévisions. « Nous avons des atouts en Occitanie qui nous incitent à penser que l’évolution se situera autour de 4 à 5% », estime Jean-Sébastien Fiorenzo.
Ingrid Lemelle

Graphique : Les prévisions de recrutement des entreprises de l’ex-région Midi-Pyrénées s’inscrivent dans une fourchette comprise entre + 6%, pour le scénario le plus pessimiste, et + 11% pour le plus optimiste, soit 121.510 et 12.050 projets de création d’emploi cadre. En ex Languedoc-Roussillon, cette fourchette s’établit entre - 7% et + 4%, soit moins de 5000 opportunités pour les cadres cette année. Source Apec 2019.

2 Commentaires

  • Le 26 février à 11:08 , par marc

    Bonjour,
    Je voudrais que l’on m’explique sur quelles bases sont effectuées ces études et comment sont faits les calculs.
    Je n’arrête pas de voir, tous les ans, depuis un certain nombre d’années, ce genre d’articles mentionnant « la pénurie d’ingénieurs et les difficultés des employeurs à recruter ».
    Je suis ingénieur, je travaille dans l’aéronautique, cela fait maintenant 11 ans que je fais de l’intérim et je n’arrive pas à trouver de CDI. Les entretiens d’embauche, quand je réussis à en avoir, sont de plus en plus difficiles.
    Je ne m’étends pas sur les fausses offres d’emploi, des offres fictives publiées par les SS2I (enfin on ne les appelle plus comme cela maintenant, c’est trop péjoratif) pour faire venir des candidats alors qu’il n’y a pas de poste à pourvoir !

Répondre à cet article