ToulEmploi

Publié le lundi 22 avril 2019 à 20h08min par Ingrid Lemelle

Des perspectives (et des difficultés) records !

Projets de recrutement, secteurs porteurs, profils recherchés… l’enquête annuelle de Pôle emploi Occitanie témoigne d’une forte augmentation des besoins. Mais aussi de difficultés croissantes à recruter.

2019, année de tous les records ! Celui du nombre d’intentions d’embauche : près de 256.000 cette année en Occitanie. « Les projets augmentent de 13,4% par rapport à l’année dernière, et surtout, ils sont en hausse quels que soient la taille des établissements, les secteurs d’activité ou les départements », a précisé Pierre Brossier, lors de la présentation de l’enquête annuelle Besoins en main d’œuvre (BMO) de Pôle emploi. Le responsable du service Statistiques, études et évaluations de la direction régionale ajoute que la propension à recruter progresse elle aussi. « 29% des entreprises envisagent au moins une embauche cette année (+ 1,4 point), pourcentage supérieur dans les départements marqués par une forte saisonnalité touristique ou agricole, tels le Tarn-et-Garonne, le Gers, la Lozère, l’Hérault… » L’emploi saisonnier, particularité de la région Occitanie (près d’un projet sur deux, contre un tiers en moyenne en France), continue à ce titre à diminuer. Ce qui est là encore une bonne nouvelle. « Le volume de recrutements progresse d’année en année, mais moins vite que les besoins en personnel non saisonnier », explique Pierre Brossier.

Si la demande explose, c’est avant tout parce que l’économie régionale reste dynamique. 72% des intentions d’embauche sont ainsi liées à un surcroît ponctuel d’activité ou à la création d’une nouvelle activité. Dans les entreprises de 50 à 199 salariés en particulier, où elles progressent de 22% cette année, mais aussi dans les TPE (+ 13%), qui rassemblent 56% des besoins exprimés. Optimistes mais prudents, les recruteurs devraient privilégier les contrats de moins de six mois (50% des projets), au détriment des CDI, en net repli. Ils représentent 33% des intentions d’embauche cette année, contre 38% en 2018. Avec 152.300 projets, les services concentrent toujours l’essentiel des besoins en main‐d’œuvre de la région. « Les services aux particuliers regroupent 25% des intentions, les services aux entreprises 20%, et l’hébergement restauration 15%. » Ils sont suivis, comme toujours, par le secteur agricole (46.600 projets) et le commerce (31.200). Et si la construction et l’industrie représentent respectivement 6% et 4% des projets d’embauche, ce sont dans ces secteurs qu’ils évoluent le plus : de 37% dans les entreprises du bâtiment et des travaux publics, et de 18% dans celles de l’industrie manufacturière.

Près d’un projet sur deux jugés difficiles

Une croissance à mettre en perspective avec un autre « record » : la proportion de projets jugés difficiles à pourvoir. Elle atteint cette année les 45%, contre 37% en 2018 (30% en 2015 et 2016). Une problématique bien sûr variable selon les secteurs, les métiers, les départements et même les bassins d’emploi. Les employeurs du secteur de la construction estiment ainsi que 63% de leurs embauches seront difficiles à réaliser, contre 34% dans l’agriculture. Par ailleurs, les deux familles de métiers qui concentrent le plus de tensions confirment que les difficultés ne se limitent plus aux profils les moins qualifiés ou aux métiers les moins attractifs. Il s’agit en effet des aides à domicile et des aides ménagères d’un côté, et des ingénieurs, cadres études et R&D informatique et responsables informatiques de l’autre. Certaines villes sont elles aussi plus impactées que d’autres : c’est le cas à Saint Girons, où 54% des recrutements sont jugés compliqués, Millau et L’Isle Jourdain (57%), Auch (58%) ou encore Rodez (63%).

La pénurie de candidats ou leurs profils inadéquats font partie des principaux motifs invoqués par les recruteurs. Un défi pour Pôle emploi, comme pour l’ensemble des acteurs du marché de l’emploi et de la formation. « Nous devons répondre à des problématiques très diverses et nous ne pouvons le faire qu’en apportant des réponses au plus près du terrain, en tenant compte, à chaque fois, des spécificités du secteur, de la profession, du territoire, de l’entreprise… Et en le faisant de façon partenariale », conclut le directeur régional de Pôle emploi Occitanie, Serge Lemaître. Surtout lorsqu’une formation se révèle nécessaire. Ce qui semble l’un des leviers privilégiés. « En 2018, 86.000 demandeurs d’emploi ont bénéficié d’une formation, en Occitanie, avec un taux de retour à l’emploi supérieur à 60%. »
Ingrid Lemelle

Infographies Jean-Christophe Wolmer Guibaud - Source Pôle emploi Occitanie,