ToulEmploi

Publié le lundi 23 janvier 2017 à 18h34min par Valérie Ravinet

Comment se porte l’emploi en Occitanie ?

Agrégateur des offres d’emploi de plus de 400 sites, Jobijoba vient d’éditer un baromètre 2016 de la situation de l’emploi régional. Décryptage avec Anne-Julie Le Serviget, experte métier emploi du méga moteur d’annonces.

Quelle méthode utilisez-vous pour réaliser le baromètre dédié à l’emploi ? A partir de quelles données ?
Jobijoba est un agrégateur d’offres d’emploi, c’est-à-dire que nous regroupons les offres en ligne sur un site unique, évitant ainsi aux internautes une recherche multi-sites laborieuse. Nous travaillons avec plus de 400 partenaires généralistes ou spécialisés, de l’Apec à Monster, d’agrojob à fashionjob, avec l’objectif de couvrir 95% du marché de l’emploi en ligne. C’est grâce à la collecte et l’analyse de toutes ces données que l’on peut proposer une photographie fidèle du marché de l’emploi, à l’exclusion du marché caché.

Quels sont les principaux enseignements de ce baromètre ?
On s’aperçoit en premier lieu que l’ancienne région Midi-Pyrénées est la locomotive de l’emploi dans les nouvelles frontières régionales ; sur 337.121 offres proposées en 2016, 65% émanent de Midi-Pyrénées. Ensuite, c’est la différence entre les bassins d’emploi par ville qui est frappante. Toulouse regroupe à elle seule 91.677 offres, devant Blagnac avec 6.222 offres, second bassin d’emploi régional. Ensuite viennent Montauban (5 993), Colomiers (4 875), Tarbes (4 354) et Rodez (3 714). Côté Languedoc-Roussillon, c’est sans surprise Montpellier qui tire son épingle du jeu, avec 27.093 offres proposées en ligne en 2016, devant Nîmes (18 352), Perpignan (7 004) et Béziers (4 374). Ces résultats placent la région Occitanie en 3e position en France pour le nombre d’offres.

Quel est l’intérêt de distinguer les bassins d’emplois de Toulouse et des villes limitrophes ?
Notre analyse porte sur le détail de l’annonce, avec une granularité fine jusqu’à l’échelle de la commune. On porte le regard sur le label de la ville pour détecter très exactement les lieux d’emploi. C’est ensuite l’utilisateur qui décide de se renseigner uniquement à Toulouse, Blagnac ou Colomiers, ou d’élargir sa recherche à un périmètre plus vaste. D’un point de vue attractivité du territoire, cela permet aussi de donner des indications sur les villes les plus incitatives et les plus dynamiques en termes d’emplois. Cela permet d’initier des politiques en matière de construction de logement, d’insertion… Les approches sont complémentaires.

Selon le baromètre, les cinq secteurs qui offrent le plus d’emplois sont, dans l’ordre décroissant, commerce-vente (16% des offres), industrie (11.8%), santé (9.1%), BTP (8%) et enfin social-services à la personne (6.5%). Quel regard portez-vous sur ces résultats ?
Sur ces grandes familles de métiers, on observe que certains secteurs varient peu, avec un appareillement quasi total entre le nombre d’offres proposées et le nombre de candidats, comme dans le secteur commerce-vente. Sur d’autres secteurs, comme celui du service à la personne, il y a moins de candidats que d’offres.
Ensuite, à l’intérieur des secteurs, on s’aperçoit que certains métiers sont plus recherchés que d’autres. Par exemple, c’est la fonction commerciale qui propose le plus d’emplois (29.1% des offres du secteur), dont les métiers nouveaux comme account manager ou business developper ; à l’opposé, les conseillers commerciaux sont recherchés seulement dans 5% des cas.
Dans le domaine de la santé, ce sont les infirmiers qui sont les plus recherchés (31.2% des offres), devant les médecins (18.8%). Enfin, autre exemple : 66.1% des offres dans le secteur social-aide à la personne sont proposés pour la garde d’enfants.

Vous précisez également dans ce baromètre des salaires bruts annuels. Comment les avez-vous évalués ?
Nous nous sommes basés sur des salaires bruts annuels médians que nous avons calculés en fonction des éléments recueillis dans les annonces. Nous n’avons gardé que les salaires fixes (hors part variable et avantage en nature) et écarté toutes les données aberrantes.
Certains secteurs, comme celui de la santé, sont mieux lotis que d’autres. Dans le BTP, le métier de conducteur de travaux, avec un salaire annuel médian évalué à 35.000 euros bruts, est plutôt bien valorisé. Le secteur social-service à la personne, précaire à de nombreux titres, propose des salaires plus bas, entre 17.600 et 19.300 euros brut annuels. Ce qui explique aussi le manque d’attractivité du secteur.
Propos recueillis par Valérie Ravinet

Infographie Jobijoba DR.