ToulEmploi

Publié le lundi 4 septembre 2017 à 13h56min par Agnès Fremiot

Comment l’objet connecté peut-il améliorer les conditions de travail des salariés ?

Humer l’air ambiant des bureaux ou écouter leurs bruits pour détecter les nuisances qui pourraient affecter les salariés, telle est la mission du pod développée par la start-up toulousaine Rubix. Jean-Christophe Mifsud, le créateur de ce projet, nous parle de son innovation.

Jean-Christophe Mifsud, pourriez-vous nous expliquer le cœur de métier de Rubix ?
Nous avons développé un objet connecté qui permet de mesurer les nuisances au poste de travail en atmosphère intérieure et extérieure. L’objectif est de protéger le collaborateur, de l’amener à bénéficier d’un confort et d’un bien-être optimal. L’entreprise peut ainsi d’améliorer sa productivité. On constate en effet que, si les accidents du travail ont diminué de 5%, en parallèle, le nombre d’arrêts maladie est en croissance de 12%. Aujourd’hui, la moyenne nationale oscille entre 16 et 22 jours par an.

Quelles sont les nuisances identifiées par votre objet connecté ?
Il s’intéresse à la température, à l’humidité, aux vibrations, à la lumière (scintillement, couleurs…), aux bruits, aux particules fines et grosses, aux gaz et aux odeurs. Notre pod peut étudier ces nuisances dans un rayon de 100 m2.

La collecte de données se limite-t-elle à la mesure des nuisances ?
Non, nous apportons une réponse objective avec notre pod, mais nous la doublons d’une mesure subjective avec la remontée du ressenti des collaborateurs. Ils peuvent ainsi, en scannant un QR Code, faire remonter leurs impressions via un questionnaire. Notre logiciel se charge ensuite de calculer les corrélations entre le mesuré et le perçu.

Quel est l’apport de votre solution ?
Nous sommes les seuls, à ma connaissance, à proposer aux entreprises une aide à la remédiation. Les autres acteurs ne proposent que la mesure, qui peut avoir un impact anxiogène pour l’entreprise, surtout si la cause n’est pas identifiée. De notre côté, nous nous chargeons d’identifier la source des nuisances et de la localiser géographiquement, afin que notre client puisse agir.

Comment peut-on mesurer l’efficacité de votre objet connecté ?
Il permet de donner aux managers des sites plus d’indications pour piloter le bien-être et le confort de leurs collaborateurs et augmenter leur productivité. L’impact peut se mesurer à la baisse du nombre d’arrêts, au nombre de brevets déposés, d’innovations sorties, mais aussi à l’augmentation du nombre de candidatures pour un poste, notamment pour les métiers difficiles.

Quel est aujourd’hui le succès de votre innovation ?
Nous avons plusieurs clients parmi les très grandes entreprises françaises. Mais c’est surtout en Europe du Nord et en Asie que nous comptons le plus de commandes. Néanmoins, la donne est en train de changer progressivement en France. Demain, les entreprises ne pourront plus faire l’économie de ces sujets.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Jean-Christophe Mifsud, le créateur de Rubix et ancien pdg de Alpha MOS. Photo Hélène Ressayres.