ToulEmploi

Publié le lundi 1er octobre 2018 à 18h57min par Ingrid Lemelle

Comment éviter la date de péremption ?

55, 50, 45, 40 ans… A quel moment se voit-on affublé du qualificatif de senior ? De plus en plus tôt, si l’on en croit par exemple les études de l’Apec qui révèlent que seule une opportunité d’emploi cadre sur cinq devrait s’adresser aux plus de 35 ans cette année.

Si la problématique de l’emploi des seniors n’est pas nouvelle, la situation semble se crisper, et impacter les actifs de plus en plus prématurément… « C’est vrai, et cela renvoie chacun à sa responsabilité, à la nécessité d’être vigilent et d’aborder sa carrière comme une sorte de « fil rouge » qui doit permettre d’évoluer : au regard de son métier, de son entreprise, de ses choix personnels, de son époque… bref d’anticiper et de négocier les virages inhérents à toute carrière. Et le plus tôt possible ! », estime Corinne Cabanes, dirigeante du cabinet spécialisé en ressources humaines Corinne Cabanes & Associés.

Une adaptabilité à laquelle les jeunes de 35 ans semblent étonnamment peu sensibles. « Les recruteurs leur préfèrent des candidats plus âgés, ou au contraire beaucoup plus jeunes, car les jeunes de cette génération sont difficiles à manager. Ils abordent l’entreprise avec une certaine défiance, considèrent qu’ils ont bien plus de droits que de devoirs envers leur employeur… » Un manque de « souplesse » qui peut se révéler préjudiciable en cas de période prolongée de chômage, car à l’approche de la quarantaine, le risque de péremption est maximal !

« C’est à ce moment là que ceux qui ont fait en sorte de développer des expertises, tout en restant connectés à leur métier initial, à son évolution… s’en sortent mieux que les autres », déclare Corinne Cabanes. « Les choses bougent très vite, et il ne faut pas se laisser distancier, notamment par la technique, les nouvelles technologies… Et puis, il faut être capable de prendre un peu de recul par moments, pour faire le point sur soi, le chemin parcouru, ses réalisations, ses qualités… afin de confronter tout cela avec les attentes des employeurs, de pouvoir valoriser ce qui mérite de l’être et de renforcer les compétences qui nécessitent d’être actualisées. C’est le meilleur moyen de rester motivé et « visible » lorsqu’on est salarié. D’ailleurs, contrairement à ce que bon nombre de salariés pensent, être visible, ce n’est pas s’exposer, mais conforter son emploi. »

Enfin, aux les plus âgés qui ne souhaitent pas finir sur les listes de Pôle emploi, Corinne Cabanes suggère le dialogue avec la DRH ou l’employeur. Sans tabou. « Ils peuvent faire valoir leur expertise et leur expérience de l’entreprise auprès des plus jeunes. Organiser leur fin de carrière, bâtir par exemple un projet de pré-retraite anticipé. Des solutions très intéressantes existent. Il ne faut donc pas faire l’autruche mais au contraire en parler ! »
Ingrid Lemelle