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Publié le lundi 3 août 2015 à 12h24min par Agnès Fremiot

A l’école des Avocats de Toulouse

Article diffusé le 23 mai 2015

Accessible dès le Master 1 à l’issue d’un examen d’entrée très sélectif, L’École des Avocats de Toulouse est la structure qui forme dans la région les futurs professionnels du droit.

Désormais installée Boulevard des Récollets, l’École des Avocats de Toulouse forme en moyenne une centaine de professionnels du droit chaque année. « Nous avions stabilisé nos effectifs à 130-150 ces dernières années, mais la promotion 2015 est plus réduite avec 106 personnes », constate Sandrine Carteron, la directrice de l’École des Avocats de Toulouse. Elle regroupe onze Barreaux de la région (Pau, Tarbes, Agen, Auch, Foix, Cahors, Saint-Gaudens, Albi, Montauban, Castres et Toulouse). Pour l’intégrer, il faut être titulaire au minimum d’un Master 1 et passer un examen d’admission. Seuls 25% des candidats en moyenne réussissent l’épreuve composée d’écrits, et surtout d’un grand oral portant sur les libertés publiques.

L’enseignement se décline ensuite en trois périodes de six mois pour une durée de formation de presque deux ans. La première phase est dédiée à l’enseignement des fondamentaux du droit avec, à Toulouse, des cours sous forme d’ateliers pour apprendre les techniques dans cinq modules : civil, commercial, pénal, administratif et social. « Les élèves mènent ensuite un projet pédagogique individuel qui peut prendre la forme d’un stage en entreprise ou d’un Master 2 à la fac. Ils peuvent tout faire, sauf un stage en cabinet d’avocat, puisque l’objectif est de les tourner vers le monde de l’entreprise », souligne Sandrine Carteron. Enfin, ils réalisent un stage de six mois de mise en pratique dans un cabinet français ou au sein de l’Union européenne. A l’issue de cette formation, 98% des avocats obtiennent leur CAPA (Certificat d’aptitude à la profession d’avocat). Ce ne sera qu’au bout de cinq ans d’exercice professionnel qu’ils pourront ensuite se spécialiser, s’ils le désirent, en passant l’examen de spécialisation.

Une profession qui se féminise largement

Les élèves avocats sont à plus de 90% issus de la fac de droit, les autres profils viennent des écoles de commerce, des IEP ou ce sont des salariés qui reprennent leurs études. La profession tend en outre à se féminiser avec 65% à 70% de femmes dans les effectifs. A leur sortie de l’école, 95% des diplômés trouvent une collaboration et 3% s’installent. Il n’existe pas de notion de territorialité pour les écoles et ils peuvent exercer partout en France.
Sandrine Carteron recommande de ne pas se fier aux images d’Épinal et d’être conscients de la réalité du marché avant de se lancer dans cette carrière. « Il ne faut pas penser que tous les avocats roulent en Porsche. Le métier n’est pas facile et on ne les attend pas. Il y a beaucoup de travail et un investissement personnel très important. La réalité du marché, c’est qu’au bout de 8 ans d’étude, ils risquent d’être smicards. » 660 avocats du Barreau de Toulouse gagnent en moyenne 38.000 euros par an. C’est dans cet ordre d’idée d’ailleurs que la formation des avocats va être repensée à l’horizon 2017. Elle ne durera qu’un an et les diplômés se verront imposer un système de collaboration qualifiante d’un an à la sortie de l’école. « Cette réforme évitera les installations au bout d’un an, ce qui me semble indispensable, car je pense que c’est en rédigeant qu’on devient avocat », conclut la directrice de l’École des Avocats de Toulouse.
Agnès Frémiot

Sur la photo : L’École des Avocats de Toulouse forme en moyenne une centaine de professionnels du droit chaque année. DR.