ToulEmploi

Publié le lundi 3 septembre 2018 à 09h28min par Ingrid Lemelle

4/4 : Changer de vie, du pétrin à la pâtisserie boulangère

Titulaire d’un CAP Boulangerie, Nicolas a a mis la main à la pâte pendant presque dix ans, avant d’opérer un virage à 180° et de finalement retourner à ses premières amours. Dernier volet de notre dossier consacré aux reconversions professionnelles.

Dès ses seize ans, par vocation, Nicolas Darnise a choisi de passer un CAP Boulangerie. Pendant neuf ans, il se lève à minuit et travaille jusqu’à dix heures pour un salaire modeste. « C’est la fatigue, qui a motivé mon changement d’orientation professionnelle », explique-t-il avec le recul. Au détour d’une conversation avec des amis, il apprend que le patron de l’un d’eux recrute. A 25 ans, il saisit cette opportunité pour changer radicalement de carrière. Sans qualifications, sur la seule foi de sa motivation, il devient opérateur sur commande numérique dans une entreprise du secteur aéronautique.

« Par la suite, j’ai fait entrer d’autres amis issus des métiers de bouche dans ma société. Mon patron considère que nous sommes de bons travailleurs, qui ne craignent pas les horaires chargés. » Les années passent et il gravit les échelons un par un, jusqu’à devenir agent de maîtrise. Douze ans plus tard, la lassitude gagne à nouveau Nicolas Darnise, qui a envie de devenir son propre patron. Avec son épouse Joëlle, ils étudient cette option. « Désormais, il faut avoir le diplôme qui correspond au métier pour créer une activité. Je travaille dans le domaine du médico-social qui n’inspirait pas mon mari, nous avons donc décidé de nous appuyer sur son CAP et de nous spécialiser dans la boulangerie », se souvient Joëlle Darnise.

Un investissement 7 jours sur 7

Le couple se lance donc et créé les Délices d’Evan, une société spécialisée dans la vente de pâtisseries boulangères sur les marchés. Mais prudents, ils conservent chacun leur activité professionnelle. « J’avais un bon salaire. Nous souhaitions attendre de gagner de l’argent pour tout lâcher. Avec un crédit, une maison et un enfant, nous devions nous montrer responsables. Nous travaillons donc sept jours sur sept, depuis deux ans, en faisant quatre marchés par week-end », reprend Nicolas Darnise.

Si le couple reconnaît s’être coupé de ses amis et de la famille, les époux se réjouissent de travailler ensemble et de trouver du temps pour leur fils. Leur investissement en temps dans la société va aujourd’hui en augmentant. Nicolas ne travaille plus que quatre jours par semaine chez son employeur et Joëlle va bientôt s’y consacrer à plein temps. Aujourd’hui, ces deux bosseurs acharnés ne regrettent rien de leur choix et referaient ce parcours à l’identique. « Je vois plus loin, des boutiques, ou même une chaîne ou une franchise », confesse la jeune femme.
Agnès Frémiot

Photo DR.

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